Publié le 30 Décembre 2012

Homo Erectus, de Tonino Benacquista

Quelle déception que ce roman de Tonino Benacquista ! Déception parce que j'aime beaucoup cet auteur et que je ne l'ai pas retrouvé dans ce livre. Home Erectus nous fait découvrir les réunions hebdomadaires d'hommes venus se raconter. Tous les jeudis, dans un endroit qui n'est jamais le même, les membres de ce cercle fermé aux femmes se retrouvent et l'un d'entre eux prend la parole et raconte, se confesse, se complaît... Trois d'entre eux se lient d'amitié et décident de se retrouver plus souvent, à la terrasse d'un café, pour faire le bilan de leur triste quotidien.

Si j'ai été séduite par l'idée de départ, les histoires successives et tristement attendues m'ont vite lassée. Moi qui rêvais d'être une petite souris et de lire des histoires interdites à la gent féminine, je me suis retrouvée avec les états d'âmes sans surprise et désespérement banals d'hommes sans profondeur. Je ne veux pas croire que l'homme ne soit que ça ! Où est passée cette sublime imagination qui rendait les romans de Benacquista si uniques ? Son écriture reste très belle, mais ça ne suffit pas à faire un roman. J'ai trouvé ce livre creux, sans âme, bourré de clichés, et il a bien failli me tomber des mains. Je suis allée au bout sans grand enthousiasme et je l'ai fermé avec le plaisir que l'on éprouve lorsqu'une épreuve se termine enfin.

Pas rancunière, j'attends le suivant mais avec peut-être moins d'impatience que d'habitude.

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Rédigé par La Chouette

Publié dans #confessions, #benacquista, #coup de gueule, #2011, #litterature francaise

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Publié le 29 Décembre 2012

Delirium Tremens, de Ken Bruen

Ce polar m'a été vivement recommandé par un jeune libraire fort enthousiaste. Force est de constater que j'ai été déçue. Je me suis rarement autant ennuyée en lisant un polar.

Ken Bruen raconte une enquête de Jack Taylor, un détective privé, ex membre de la Garda Síochána dont il a été écarté à cause d'un alcoolisme forcené. Un soir, au pub, un femme l'accoste et lui demande d'enquêter sur le suicide de sa fille auquel elle ne croit pas.

Au fil des pages, on suit les bitures successives de l'enquêteur qui prend bien plus en main son verre de brandy que l'enquête qui lui est confiée. L'intrigue policière est finalement assez secondaire et n'est qu'un prétexte à la description d'une Irlande triste, imbibée de crasse et d'alcool. On est également entraîné dans les tourments éthyliques d'un détective bibliophile à la dérive.

Si ce livre est joliment écrit, cela ne m'a clairement pas suffi et je me suis vraiment fait violence pour ne pas l'abandonner en cours.

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Rédigé par La Chouette

Publié dans #polar, #alcool, #coup de gueule, #suicide, #2001, #littérature irlandaise

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Publié le 26 Décembre 2012

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Annie Barrows et Mary Ann Shaffer

J'étais curieuse de lire ce roman. Tout d'abord parce que c'est un best seller (et cela fait longtemps que je n'en lis plus beaucoup), et surtout parce que c'est un roman épistolaire. Le titre ne manquait pas d'humour et le sujet me paraissait plutôt attirant. Me voilà donc en compagnie de Juliet, écrivain à succès, à la recherche du sujet de son prochain roman. C'est une lettre reçue de Guernesey qui le lui donnera. Une correspondance s'établit avec plusieurs habitants de l'île, tous membres d'une cercle littéraire qu'ils ont formé sous l'occupation allemande.

Au final, il y a bien qu'en lisant le titre que l'on sourit. Un doux ennui m'a rapidement envahie. Certes, c'est joli, c'est tendre, on voit poindre un histoire d'amour dès les premiers échanges, les bons sentiments ont de dessus sur les vilaines injustices de l'occupant... Mais tout cela est un peu niais et plein de grosses ficelles. Le style épistolaire, qui m'attirait tant, ne convient pas au nombre très (trop ?) important de personnages, et cela devient vite fouillis. Je ne veux pas accabler ce livre dans lequel j'ai quand même appris pas mal de choses sur les enjeux stratégiques que représentait Guernesey pendant la guerre. Mais, j'aurais peut-être mieux fait de lire un manuel d'histoire...

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Publié le 25 Décembre 2012

Un repas en hiver, d’Hubert Mingarelli

Je découvre cet auteur avec ce livre, un récit fluide et poignant qui nous parachute en Pologne dans les années 40. En plein hiver, trois soldats allemands partent à la "chasse" dans la campagne polonaise pour échapper à la corvée de fusillade. Ils débusquent une "proie", un Juif terré au fond d'un trou. Un flocon de neige sur son bonnet, une rencontre avec un Polonais d'un antisémitisme exacerbé pourront-ils changer le cours des choses ?

Avec une écriture dépouillée et juste, Hubert Mingarelli nous plonge dans les méandres de la conscience de ces soldats partagés entre devoir d'obéissance et envie de se délivrer de leurs tourments. Ils ne veulent pas tuer, mais ont-ils le choix ? On a aucun mal à s'identifier aux personnages. L'auteur plonge le lecteur dans un univers de sensations et de sentiments. On ressent tout, le froid, la lâcheté, la peur, l'égoïsme et la solitude. Un roman fort dont le lecteur ne sort pas indemne.

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